Mercredi 12 septembre 2007
Dans mon pays il y a des hommes qui parcourent les espaces de jour de nuit le même pas les conduit à la rencontre
d'eux-mêmes voyez-les se découper immuables sous les cieux changeants chevelure crinière ample djellaba ou tchamir de bouts d'étoffe rapiécés un couffin un bâton le visage de l'énigme ils
marchent avec la régularité d'un astre ils ont aboli les routes les cars les trains les autos les lieux de naissance les routes familières détruit la prison d'un nom on les appelle Hadaoua mais
cela ne veut rien dire de leur pas sans empreinte ils gomment les plis de l'événement (...)
Parcours immobile, p. 251
Ce très beau passage sur lequel s'achève le "Parcours immobile" éclaire, à
rebours, toute l'esthétique maléhienne. Plus qu'ailleurs, la syntaxe se libère des contraintes de l'écrit et se fait souffle débarassé d'une ponctuation factice, courant après l'énigme et
la figurant. Ces mendiants, vénérés comme des saints au Maroc, deviennent une allégorie de l''errance mystique, à la fois quête et praxis. L'écriture maléhienne s'ancre ainsi dans une
tradition ancestarle d'une sagesse subversive par son seul refus d'emprunter les chemins balisés... (à suivre)
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