La cuisine subversive d'El Maleh

Publié le par Touriya

"Nourritures terrestres, fruits défendus, Diego à son tour inaugurait boutique, une épicerie moderne, les jamones, le chorizo, sobresada, morcilla, Jeres, Anis del Mono achevaient la perversion des coeurs. L'inquisition du désir, plus insidieuse et plus dangereuse en fin de compte que l'autre pour le respect de la religion." E.A. El Maleh

Ce passage, extrait du recueil de nouvelles Abner Abounour (p. 88) illustre le rapport complexe entre littérature et nourriture. La langue subversive est celle qui a goûté et su apprécier les fruits défendus. Aller au-delà de l'interdit archétypal imagé par la pomme d'Adam et interprété en mille interdits alimentaires (le vin, le sang, le porc, etc). 
Derrière cet inerdit, il y a la volonté de cloisonner, d'empêcher la connaissance d'une certaine altérité. Or, comment puis-je connaître l'autre si je ne goûte pas à ses mets et en particulier, ceux qui me sont interdits? 

Publié dans ses mets et ses mots

Commenter cet article