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  • : blog dédié à l'écrivain Edmond Amran El Maleh, sa vie, ses livres, ses passions, ses engagements... et spécialement à la cuisine marocaine, métissée, expérimentale...
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Mardi 9 juin 2009
S'il paraît un peu prématuré de parler de mouvement queer  au Maroc, il faut néanmoins reconnaître le rôle de pionnier à l'écrivain marocain Abdellah Taïa dans la revendication de sa différence.
La médiatisation du débat, entre les partisans de l'hétéroconformité,_comme on se plaît désormais à l'appeler_ et les autres, est relayée par le magazine Tel Quel. Plusieurs numéros, en effet, donnent la parole à l'écrivain Abdellah Taïa ou à des critiques littéraires qui présentent son oeuvre et son combat.
Dans l'un des derniers numéros du magazine, à travers un texte émouvant et cependant d'une grande justesse de ton, Taïa s'adresse à sa mère pour tenter de lui expliquer sa différence. Certains lecteurs  (internautes) épiloguent en s'interrogeant sur l'utilité d'écrire à sa mère quand celle-ci, analphabète, est incapable de lire la lettre qui lui est adressée. Ceux-là n'auront pas saisi le détour rhétorique qui consiste à viser un destinataire particulier qui n'est qu'une figure de l'auteur lui-même. Cela ressemble en effet à une tentative de mieux cerner cette part de soi comme lieu de différence pour mieux se la réconcilier. L'avantage d'un tel excercice de style c'est qu'il inscrit le débat sur l'homosexualité dans un cadre plus vaste du rapport avec les minorités et du rapport avec la norme.
Le minoritaire, par ailleurs souvent minoré, nous pose la question de notre identité et c'est en cela qu'il dérange. Le rejeter c'est nous condamner à un monolithisme sclérosant.

Cf. en particulier, le numéro, 277 du magazine Tel Quel de juin 2009 (version en ligne), le numéro 367, avril 2009 (p. 20-24) ; le numéro 369, avril 2009 (p. 26-28).


Abdellah Taia avec ma copine Joan (Italie).

De Abdellah Taïa on pourra lire: Mon Maroc ou encore  Le Rouge du tarbouche, (éditions Séguier), L'Armée du salut ou Une Mélancolie arabe (éditions Seuil).
Par Touriya - Publié dans : Partages
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Samedi 6 juin 2009
Entretien radiophonique avec Edmond Amran El Maleh sur Medi 1. (copier coller le lien suivant:)

http://www.medi1.com/player/player.php?i=99441
Par Touriya - Publié dans : ses mets et ses mots
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Samedi 30 mai 2009

"Nul ne témoigne pour le témoin. Et pourtant toujours nous choisissons un compagnon: non pour nous, mais pour quelque chose en nous, hors de nous, qui a besoin que nous manquions à nous-mêmes pour passer la ligne que nous n'atteindrons pas. Compagnon par avance perdu, la perte même qui est désormais à notre place. Où chercher le témoin pour lequel il n'est pas de témoin?"


 

C'est par cette déclaration poignante qu'El Maleh (citant Blanchot citant lui-même Paul Celan) introduit son livre Mille ans, un jour dans une épigraphie incontournable pour la compréhension de toute son œuvre.

Aujourd'hui encore, Edmond Amran El Maleh joue son rôle de témoin et apporte sa version de l'histoire. Autorisée par l'auteur, je me permets de livrer  ici ce texte inédit (publié uniquement par mon ami Abdellah Baida sur sa page facebook) et je vous invite tous à le discuter, à le relayer, car l'histoire doit s'écrire au pluriel pour tenter d'approcher une certaine justesse...

voici le texte:

 

 

Le « héros » démasqué

 

                                                                               Edmond Amran El Maleh

 

La photo en première page d’un journal marocain d’un ex-agent du Mossad, de surcroît présenté comme un héros, on penserait qu’il s’agisse d’une hallucination, d’un cauchemar passager. Il n’en est rien. Le journal Le Soir, en plusieurs épisodes, sous la manchette « Point d’histoire » nous présente, photo encadrée à l’appui, David Littman, ex-agent du Mossad, héros célébré pour une mission qu’il aurait brillamment accomplie. Et, sans anticiper sur ce qui va suivre, on apprend, dans les pages de cette scandaleuse publication que, le 1er juin 2008, le président israélien Shimon Perez au cours d’une cérémonie officielle a présenté, au nom de l’État israélien, ses remerciements à ce très spécial espion. Parole lui est donnée dans une longue interview en plusieurs épisodes parue dans Le Soir. À longueur de colonnes, il décrit comment et sous quelle couverture il est venu, il a séjourné au Maroc, le temps de préparer et de mener à bien « l’opération murale ».

Sur le ton de la vantardise à peine dissimulée, avec un cynisme qui prétend se réclamer d’un travail humanitaire, il décrit ses tractations, son travail de sape, de corruption dont, sans aucun doute à ce jour, soit 47 ans après, il camoufle le vrai visage, mais en vain.

On jetterait ce « héros » très particulier dans les oubliettes de l’histoire si, encore une fois, ne s’ouvrait à cette occasion cette dramatique question, cette blessure ouverte, l’exode des juifs marocains ; je dirais aujourd’hui Marocains juifs pour bien préciser notre identité. Ce héros plein de componction humanitaire et prophétique, un agent du Mossad, ne mériterait pas qu’on évoque son nom un seul instant si précisément, et c’est là l’extrême gravité de l’affaire, il ne tentait de s’afficher comme le sauveur « de quelques centaines d’enfants juifs marocains » qu’il voulait acheminer vers Israël ou,  variante,  « rapatrier ».

  De ce seul fait, et sans anticiper sur la suite de ce qu’il y a à dire à ce sujet, ce sauveur miraculeux, commis aux basses œuvres, est à l’image d’un négrier, trafiquant d’esclaves, trafiquant d’enfants ici, qu’on devrait juger pour son action criminelle.

Mais il est juste temps de voir les choses de plus près avec un souci de vigilance d’autant plus nécessaire qu’il faut déjouer, percer le brouillard de la propagande et de l’idéologie sioniste qui s’infiltre dans les interstices de l’histoire.

Et d’abord arrêtons-nous pour savourer sans trop nous y attarder ce portrait qu’il trace de lui-même. Il se décrit dans sa jeunesse comme un idéaliste naïf excentrique, convaincu de ses capacités.

Évoquant James Bond, il lâche l’énormité qu’il ignorait travailler pour le Mossad. Comble de cynisme grotesque, bassement primaire, le voilà qui tente piteusement de se draper dans les plis de la Thora comme s’il était investi d’une mission divine.

La bonne conscience israélienne, celle qui « spirituellement » s’est affirmée à Gaza. Mais venons-en à l’essentiel. Nous sommes en ces jours exaltants de l’indépendance conquise, du retour triomphal de S.M. Mohammed V. Le pays change de visage et entre dans l’histoire de son avenir avec toute la complexité des bouleversements et des mutations qui s’en suivront. Période féconde, d’une richesse complexe, extrêmement difficile à appréhender et que j’ai vécue de plain-pied, à l’unisson de tout le peuple marocain.

C’est à la même époque, à deux ou trois ans près, en fait en 1961, que cet agent du Mossad s’infiltre clandestinement au Maroc et, sous couvert d’une mission humanitaire, il entreprend ses manœuvres de corruption, de détournement de l’attention, au risque plus d’une fois d’être démasqué, et ce pour mener à bien son entreprise.

On aura assez parlé de ce feuilleton d’espionnage de bas étage, assez remué la boue et la fange qui entourent son personnage et ses péripéties. Pas un seul instant il ne faut se laisser abuser par ce scénario révélateur à l’occasion du visage réel du sionisme. Le but de cette opération israélienne confiée à cet agent du Mossad est double. Il faut le percer à jour, le dénoncer, le traquer dans les moindres replis de ces interstices de l’histoire où il croit pouvoir se lover pour se livrer à son travail de sape. But double, avons-nous dit, dessein inavouable dont on escomptait qu’il aurait pu faire son trou dans le secret.

Et d’abord semer le doute, faire croire que ces juifs qu’on aura châtrés, amputés de leur enracinement millénaire en ces terres marocaines seraient en danger de mort nécessitant des actes de sauvetage. Et comme corollaire, pour ainsi dire, s’ensuit du même mouvement, cette monstrueuse falsification de la vérité : l’idée que ces juifs seraient un corps étranger en ce pays !

Ouvrons ici une parenthèse. On ne sait que trop comment Israël s’est édifié en chassant le peuple palestinien de son pays, en tentant par sa terreur d’annihiler son existence.

Disons en passant qu’aujourd’hui, avec l’appui de l’Europe, Israël en arrive à la négation même de la question palestinienne. En fermant cette parenthèse, ajoutons qu’Israël, de par sa politique de terreur, de crimes perpétrés en toute impunité, de par son existence même, Israël donc a fait que, dans tous les pays dénommés pays arabes, les nationaux de confession juive et leur communauté ont subi les effets d’une irrémédiable destruction.

Mais revenons donc au Maroc et d’abord, pour affirmer avec la force d’une évidence que jamais nous, juifs marocains, ou Marocains juifs comme je tiens à le formuler, nous n’avons encouru ne serait-ce que l’ombre d’un danger. Pour nous, indissolublement avec l’ensemble du peuple marocain, sans la moindre faille, sans la moindre réticence, nous avons communié dans cette annonce d’un destin nouveau où, enfin, le pays prenait ses affaires en main après le règne du protectorat. Un détail pour souligner, s’il en était besoin, cette intégration, cette participation, le premier gouvernement marocain a compté parmi ses membres un ministre juif marocain, Marocain juif, le docteur Benzaquen.

Il ne s’agit pas, à la faveur de cet exemple comme de tant d’autres, de faire comme si on évoquait avec soupirs et nostalgie un passé révolu.

Première certitude qui demeure et qui a plus que son prix, nous sommes passés, nous Marocains juifs / juifs marocains, du statut de « dhimmi » à celui de citoyens marocains jouissant de la plénitude de nos droits. Il faut flanquer cette vérité pour ainsi dire à la figure de cet espion très spécial.

Je ne peux faire mieux pour conclure ce texte qui reste ouvert que de renvoyer à propos de la tragédie de l’exode des juifs marocains, des Marocains juifs, arrachés à un enracinement millénaire, je ne peux faire mieux que de renvoyer le lecteur à mon livre Mille ans un jour,  (Éd. La Pensée sauvage).

Et je voudrais ajouter encore un mot. Un jour lointain, à Asilah, dans ce cimetière marin battu par le chergui, méditant sur la tombe d’un inconnu nommé Naon, le Parcours immobile s’est mis en mouvement pour, de livre en livre, offrir à ce pays, le mien, lui prêter une voix, fût-elle un grain de poussière, un regard éphémère, pudiquement empreint et sans emphases d’un sentiment d’attachement intime et profond.

Pour conclure, je ne voudrais pas faire l’honneur à cet espion au petit pied de l’insulter, comme j’ai eu la tentation de le faire sur le coup, tel qu’en lui-même il se condamne sans appel.

 

Rabat, mai 2009.

Par Touriya - Publié dans : Partages
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Mardi 12 mai 2009
Les cornes de gazelle, tout le monde pense savoir ce que c'est, tout le monde y a goûté un jour ou l'autre, cela fait partie de cette cuisine qui s'exporte bien... Pourtant, les vraies cornes de gazelle, les légères au poids,  fondantes à coeur, craquantes à la surface, légérement parfumées à l'eau de rose mais à peine, surtout pas à la canelle qui masquerait trop l'amande... Ces cornes-là, c'est au Maroc qu'on peut les déguster! Ne me parlez pas de ces boudins farineux, dégoulinant de sucre glace et au goût de carton, beurk! Je vous parle des cornes de gazelle, pas de sabots d'âne!
Vous ne trouverez pas les vraies cornes de gazelle dans les épiceries Halal de Brahimalimentaion, ni chez le traiteur arabe bien sympathique de Barbès ou du premier quartier arabe venu... ni même chez moi, j'apprends toujours à les faire, je n'ai pas réussi à trouver The Recette!
Et c'est pour cela que je ne donnerai pas de recette ici, je mettrai juste la vidéo de nos tentaives rigolottes et peu réussies (mais on s'en tamponne le coquillard) à ma nièce préférée et à ma pomme! Expérience Work in progress qui vous donnera encore plus la mesure de cette simplicité qui se dérobe de la gazelle, enfin de sa corne!
A suivre!

Par Touriya - Publié dans : Cuisine familiale
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